Saül - Prononcer le "ül" comme dans "consul"
Publié le 19 Février 2013
C'était le bouquet final du tour de Guyane avec Mike.
Un village de 70 habitants, au milieu de la Guyane française. Dans la zone dite "Parc Amazonien de Guyane", à un bon 150 kilomètres dans les terres.
Il n'y a pas de route pour y aller, pas non plus de voie fluviale. Il y a eu une piste, mais elle n'est plus praticable depuis longtemps : la forêt reprend très vite ses droits.
Deux moyens d'accès, l'hélicoptère et l'avion. Pour nous ce fût l'avion.
Décollage de Cayenne ; prendre l'avion, c'était beau : rien que d'apercevoir l'immensité de la forêt entre les nuages ça vaut déjà le voyage.
Puis l'arrivée à l'aérodrome de Saül plonge direct tout son monde dans l'ambiance.
Piste d'aterissage en terre rouge, aérogare en bois, gendarmes en short.
Le bourg étant assez loin de l'aérodrome, on le rejoint à pied par la forêt.
Arrivée dans le bourg, la brochure n'a pas menti. En 200 mètres tu as tout compris.
Le Relais Poste, l'Eglise, le Calvaire, la Mairie, le Dispensaire, la place des Fêtes, la fontaine d'eau potable, l'office du Parc Amazonien de Guyane.
Le tout en "bois pays" comme on dit ici. Une allure de carte postale début de 20ème siècle. J'allais écrire "datant de l'époque coloniale" mais pour ça il faudrait qu'elle soit finie, déjà.
Le but du voyage à Saül était de marcher dans le parc amazonien, ce qui fût fait et bien fait.
Chaque jour un nouveau sentier, de 5 à 15 kilomètres. Sous la pluie ou pas, peu importe on a des capes et de toutes façons la forêt c'est toujours le sauna.
L'équipée a tendance à s'arrêter pour regarder chaque feuille qui bouge, alors 15 km ça fait une journée de 8 heures. Illustration jointe, la pause repas sous la pluie : Mike dégustant un sandwich "Pomme de terre-Citrouille-Haricots". Oui c'est bon d'être végétarien dans un monde de chasseurs.
Observations dans le désordre :
un squelette de crapaud boeuf si gros qu'il a fallu deux jours pour réaliser
deux tortues de terre dites charbonnières - photos floues sur demande
des Aras Macao en vol - jamais vu voler d'oiseaux aussi beaux, le panache arc en ciel sur les ailes ça envoie le boulet. A ce propos je propose avant de les executer d'enfermer immédiatement tous les possesseurs de Aras en cage.
une guêpe pepsi grosse comme mon pouce - la pepsi c'est celle qui paralyse les mygales pour pondre ses oeufs à l'intérieur
deux serpents, tremblez mesdames, classés parmi les 11 espèces dangereuses de Guyane - photo floue sur demande, ou belles photos de Mike qui a approché son objectif à 3 centimètres
des arbres, des gros arbres, des gros arbres pas possibles dont en particulier un specimen de ficus étrangleur tout à fait remarquable, photo ci-dessous, clin d'oeil à Philippe Boré pour les connaisseurs.