L'île des grosses têtes
Publié le 20 Avril 2013
Ce n'était pas au programme initialement mais l'occasion faisant le larron un peu partout sur la planète j'ai décidé de me rendre à Rapa Nui. Disons pour 5 jours.
Départ de Santiago du Chili le matin, 5 jours sur place, retour à Santiago en soirée.
Quand Anna a appris ça elle a dit "Alors tu m'enverras une photo des grosses têtes, là." C'est fait.
Un copain rencontré brièvement lors de l'épisode du camping sur la plage m'a reservé une chambre dans la maison de son père, pas cher, en me donnant son nom, "Don Daniel Hucke" mais pas son adresse "tu demandes, tout le monde le connaît", et en prévenant bien que son père a 70 ans alors c'est pas la peine d'attendre un mail de confirmation.
Je m'attendais donc à zoner sur l'île en menant une enquête de grand détective international pour trouver une hypothétique maison dont je ne savais rien.
Tu parles, arrivé à l'aéroport Don Daniel fut le premier Rapa Nui que je vis, il avait une pancarte avec mon prénom, comme on lui avait communiqué mon signalement il n'a pas eu de mal à me reconnaître et il m'a direct refilé le collier de fleur.
Ah oui, Rapa Nui c'est en Polynésie.
Don Daniel il faudrait lui consacrer tout un chapitre.
C'est un homme de la mer, ça se voit et ça s'entend : il a la peau creusée, le geste franc et il parle bref. Pis son frigo est rempli de poisson.
L'espagnol n'est pas sa langue natale, lui c'est le Rapa Nui et il en est fier.
Et tout le monde le connaît vraiment sur l'île. La réciproque est vraie d'ailleurs.
Genre le taxi il dit à sa radio "Je sors de l'aeroport avec Don Daniel" et la radio lui répond "OK passe lui bien le bonjour".
Mon hôte me fait rapidement visiter la ville d'Hanga Roa et je suis présenté à tout le monde, les passants les marchands les loueurs de bicyclettes la garde montée, tout le monde quoi.
À peine remis de ces émotions là c'est l'heure d'aller boire le café chez son fils "Koi" (prononcer Ko Hi) qui habite juste derrière. Celui-ci fait justement du gâteau qui déchire, à la banane et à la citrouille, il voit que j'aime bien du coup je me retrouve à en manger un bon demi kilo. Tous les jours suivants il y en a un autre demi kilo pour moi, soit déposé directement dans le frigo soit à consommer dans la cabane-cuisine-atelier-salle à manger-carbet de Koi.
T'as compris je suis encore bien tombé, c'est à croire que je le fais exprès.
J'ai à peine trouvé le temps entre deux invitations pour le café d'aller voir la grande attraction de l'île, les Moais.
Je ne fais ni la leçon d'histoire ni celle d'archéologie, par contre je peux dire que de voir de près ces énormes statues ça fait vraiment quelque chose.
